Quel rapport y a-t-il entre le Manneken-Pis, un casino, des œuvres salésiennes et des gaufres ?

Vous ne savez pas ? … La PAIX bien sûr ! La paix… ? Eh oui ! Pour aborder ce thème, le Mouvement salésien des Jeunes l’a joué original. Mais, en effet, quoi de mieux, pour parler de la paix, que de nous la faire expérimenter, en même temps que les risques de la perdre ?

 

Paix dans nos cœurs, paix entre nous

C’est ainsi que dès le samedi matin, nous nous sommes lancés dans un grand jeu Casino qui a mis nos émotions à rude épreuve ! Divers stands de jeux sportifs, intellectuels, de hasard…, ainsi qu’une buvette étaient au rendez-vous. Pendant que certains se prenaient au jeu au point d’être frustrés par les défaites, d’autres créaient des alliances pour récolter un maximum d’argent en vue de la vente aux enchères qui a fait exploser tous les prix (quand on n’avait pas dépensé tout son argent pour la dernière course-relais qui a failli en achever plus d’un) !

Une fois le calme revenu, nous avons pu analyser ce qui s’était passé pour chacun de nous. Car pour pouvoir être en paix avec les autres, il faut d’abord être en paix avec nous-mêmes, et cela demande de savoir identifier les émotions qui bouillonnent en nous et d’apprendre à les gérer. Une émotion bien gérée évitera qu’on la renvoie sur les autres. Cependant, pour sortir des émotions qui nous prennent, nous devons d’abord être capables de les voir. D’où l’importance de faire des pauses, de s’arrêter pour observer ce qui se passe, pour prendre conscience de ce que l’on vit. Prenons-nous assez le temps de nous demander comment nous prenons soin de nous ? Nous devrions regarder la manière dont nous parlons aux autres, dont nous blaguons ou agissons avec les autres, car elle est souvent le reflet de nos émotions, parfois non gérées.

De même, nous fixer un objectif dès le début nous permet de mieux gérer nos émotions et nos énergies dans les situations de notre vie. C’est moi qui garderai le contrôle de moi-même et de mes émotions au lieu que ce soient les circonstances qui prennent le dessus, m’emmenant je ne sais où, ou que je me sente contraint dans une situation donnée et donc souvent frustré.

 

Agir en faveur de la paix dans notre quotidien…

Le jeu nous a permis de nous rendre compte qu’il pouvait être très facile de perdre le contrôle de nos émotions et de nous éloigner ainsi de la paix. Si nous devons apprendre à nous contrôler pour ne pas faire peser nos émotions négatives sur les autres, cela ne se fait pas pour autant sans eux. En effet, le jeu nous a permis de nous rendre compte que les autres nous aident à prendre du recul ou à nous freiner lorsque nous nous embourbons dans un tourbillon d’émotions négatives qui nous submergent. Mais ils sont aussi ceux qui nous font entrer dans le jeu lorsque nous ne nous sentons pas dans l’ambiance, ils sont ceux qui nous motivent ! Pour ceux qui ont choisi de se mettre en équipe, la solidarité vécue leur a fait vivre les instants avec plus de puissance positive et de joie ! Comme ce fut le cas à la fin de la vente aux enchères quand il y eut une mise en commun de l’argent gagné pour permettre à certains d’acquérir les objets désirés, avec l’idée que cet argent, je ne saurai rien en faire tout seul. Quelle joie de voir cette solidarité grandir à la fin, alors que durant le jeu, l’argent a pu faire tourner la tête de plus d’un, tombé alors dans un individualisme et une compétitivité malsaine, autant pour ses relations avec les autres que pour soi. On en a même entendu dire : « Il ne faut jamais que j’aille dans un casino tout seul, sinon, je risque de me ruiner, je ne saurai plus m’arrêter ! »

Être ensemble pour nous tempérer, pour nous faire prendre conscience des choses, pour nous permettre aussi d’expérimenter la paix dans les moments conviviaux, de joie, lors d’une danse, au cours d’un repas ou d’un goûter-gaufre, mais aussi dans la prière. Le samedi soir, nous avons ainsi vécu une belle veillée ponctuée de chants accompagnés par de talentueux musiciens, de témoignages de jeunes du MSJ, et bien sûr, de réconciliation avec le Seigneur ! Finalement, ne faudrait-il pas d’abord être en paix avec Dieu, pour pouvoir être en paix avec nous-mêmes et enfin, avec les autres ?

 

… et s’engager pour la paix dans le monde

S’il s’agit d’abord d’être acteur de la paix dans le quotidien de nos vies, nous avons également le devoir d’agir pour la paix dans le monde, de nous engager pour les « sans-voix », au nom de la justice, comme le font les salésiens à Genève, ou à Bruxelles. En plus d’agir sur le terrain, les Salésiens sont présents au niveau des instances politiques internationales pour défendre les « sans-voix », en y introduisant des jeunes qui parlent directement des injustices qu’ils subissent. Ils y font ce qu’on appelle des plaidoyers, car tant que les politiques ne seront pas centrées sur la personne humaine, il y aura des injustices. Don Bosco, le premier, a ouvert ce chemin et a agi contre les injustices de son époque. Là encore, Angel, notre témoin de Don Bosco International, nous rappelle l’importance de la communauté, l’importance de se battre ensemble pour les jeunes et non pas seul, car le travail est dur et demande beaucoup de courage, de soutien mutuel face aux instances qui ne se montrent pas toujours réceptives et face à toutes les injustices auxquelles on est confronté. Mais comme le dit également Angel, « l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse, alors partageons au monde et faisons-lui savoir que la forêt pousse ! »

 

Et le Manneken-Pis dans tout ça ? Il est là d’abord pour nous rappeler que ce super week-end a eu lieu dans le magnifique et paisible domaine de Farnières, en Belgique. Mais surtout parce que ce petit bonhomme, devenu symbole des Bruxellois, nous renvoie à leur grand sens de l’humour, tant indispensable pour vivre en paix !

 

Anne-Marie Udala

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